Lâcher prise ne signifie pas abandonner
On confond souvent les deux.
Abandonner, c’est parfois renoncer à quelque chose que l’on pourrait encore construire.
Lâcher prise, c’est accepter de ne plus s’épuiser contre une réalité que l’on ne contrôle pas.
Nous pouvons faire des efforts dans une relation.
Mais nous ne pouvons pas obliger quelqu’un à nous aimer.
Nous pouvons donner des conseils.
Mais nous ne pouvons pas prendre les décisions à la place des autres.
Nous pouvons travailler sérieusement.
Mais nous ne pouvons pas contrôler toutes les circonstances.
Nous pouvons présenter nos excuses.
Mais nous ne pouvons pas obliger quelqu’un à nous pardonner.
Il existe une limite entre faire notre part et vouloir contrôler le résultat.
Lâcher prise commence souvent exactement à cet endroit.
Nous souffrons parfois davantage de ce que nous voulions que de ce qui est réellement arrivé
Certaines douleurs viennent de la réalité.
D’autres viennent de la différence entre la réalité et ce que nous avions imaginé.
Nous pensions que cette relation durerait.
Nous pensions obtenir cette opportunité.
Nous pensions que cette personne resterait.
Nous avions déjà construit la suite dans notre tête.
Lorsque la vie prend une direction différente, nous ne perdons donc pas seulement quelque chose.
Nous perdons aussi le scénario que nous avions écrit.
Et parfois, nous nous accrochons longtemps à ce scénario.
« Cela devait se passer autrement. »
Mais la vie ne suit pas toujours nos plans.
Accepter cela ne signifie pas aimer ce qui s’est passé.
Cela signifie arrêter d’exiger du passé qu’il devienne différent.
Certaines réponses ne viendront jamais
Pourquoi a-t-il fait cela ?
Pourquoi n’a-t-elle jamais expliqué ?
Pourquoi cette personne s’est-elle éloignée ?
Pourquoi tout a changé si rapidement ?
Nous pouvons passer des mois à chercher une réponse.
Et parfois, même lorsque nous en recevons une, elle ne nous apaise pas.
Parce que derrière une question, il y en avait une autre.
Puis une autre.
Il arrive un moment où la paix ne vient plus d’une explication supplémentaire.
Elle vient de cette décision :
« Je n’aurai peut-être jamais toutes les réponses, mais je refuse que cette absence de réponse m’empêche de continuer ma vie. »
Lâcher prise, c’est aussi arrêter de vouloir être compris par tout le monde
Nous voulons naturellement que les autres comprennent nos intentions.
Nous voulons expliquer.
Nous défendre.
Rectifier ce que quelqu’un pense de nous.
Mais certaines personnes auront une version de notre histoire que nous ne pourrons jamais modifier.
Elles nous verront à travers leur perception, leurs blessures ou ce qu’elles ont entendu.
Et nous pouvons perdre énormément d’énergie à essayer de convaincre quelqu’un qui a déjà décidé ce qu’il voulait croire.
Parfois, lâcher prise signifie simplement :
« Je sais qui je suis. Je n’ai pas besoin de passer ma vie à convaincre tout le monde. »
Nous ne pouvons pas contrôler les autres
C’est probablement l’une des choses les plus difficiles à accepter.
Nous pouvons aimer quelqu’un profondément et ne pas pouvoir changer ses choix.
Nous pouvons voir une personne prendre une mauvaise direction et être incapables de l’arrêter.
Nous pouvons donner beaucoup à quelqu’un et ne pas recevoir la même chose en retour.
Nous pouvons être sincères avec une personne qui ne l’est pas avec nous.
À partir d’un certain moment, continuer à lutter pour obtenir d’une personne ce qu’elle ne veut pas donner devient une manière de nous épuiser nous-mêmes.
Le lâcher-prise ne dit pas :
« Cette personne avait raison. »
Il dit :
« Ses décisions lui appartiennent. Ce que je fais maintenant de ma propre vie m’appartient. »
Lâcher prise demande parfois de faire le deuil de certaines versions de nous-mêmes
Nous pouvons aussi rester attachés à une ancienne version de notre vie.
À ce que nous étions.
À ce que nous avions.
À une période où tout semblait plus simple.
Et nous essayons inconsciemment de revenir exactement à cet endroit.
Mais nous avons changé.
La vie aussi.
Certaines portes se sont fermées.
D’autres se sont ouvertes.
Lâcher prise peut consister à accepter que nous ne redeviendrons pas exactement la personne que nous étions avant une épreuve.
Peut-être que notre travail n’est pas de revenir en arrière.
Peut-être qu’il est de découvrir qui nous pouvons devenir maintenant.
Tout ne mérite pas notre énergie
Toutes les batailles ne doivent pas être gagnées.
Toutes les remarques ne nécessitent pas une réponse.
Toutes les personnes ne méritent pas une explication.
Toutes les situations ne doivent pas être réparées.
Il existe une forme de liberté dans le fait de pouvoir dire :
« Ce problème existe, mais je ne vais pas lui donner toute ma journée. »
Nous n’avons qu’une quantité limitée d’énergie.
La question devient alors :
À quoi voulons-nous la donner ?
Accepter ne veut pas dire approuver
L’acceptation est parfois mal comprise.
Accepter une situation ne signifie pas dire qu’elle était juste.
Nous pouvons accepter qu’une personne nous ait blessés sans considérer son comportement acceptable.
Nous pouvons accepter qu’une relation soit terminée tout en regrettant profondément sa fin.
Nous pouvons accepter une déception tout en reconnaissant que nous aurions préféré une autre issue.
Accepter signifie simplement reconnaître :
« Voilà ce qui est. »
C’est à partir de cette réalité, et non de celle que nous aurions souhaitée, que nous pouvons recommencer à avancer.
Lâcher prise se fait parfois plusieurs fois
Il ne faut pas toujours imaginer un grand moment où nous décidons soudain :
« À partir d’aujourd’hui, je ne ressens plus rien. »
Cela fonctionne rarement ainsi.
Nous pouvons lâcher prise lundi…
et repenser à tout mercredi.
Nous sentir forts pendant une semaine…
puis avoir une journée où tout revient.
Cela ne signifie pas que nous avons échoué.
Lâcher prise peut être une décision que nous devons répéter.
Aujourd’hui, je choisis encore de ne pas courir derrière cette personne.
Aujourd’hui, je choisis encore de ne pas rouvrir cette conversation.
Aujourd’hui, je choisis encore de continuer.
Petit à petit, ce qui demandait autrefois énormément d’effort devient plus naturel.
Nous avons le droit de choisir la paix
Il existe des situations dans lesquelles avoir raison ne nous apporte même plus de soulagement.
Nous avons expliqué.
Argumenté.
Pleuré.
Essayé.
Attendu.
Et nous sommes toujours épuisés.
À ce moment-là, choisir la paix peut devenir plus important que gagner.
Non pas parce que ce qui s’est passé était acceptable.
Mais parce que notre vie mérite davantage que de rester enfermée dans cette situation.
Ce qui doit rester n’a pas toujours besoin d’être retenu de force
Nous pouvons parfois nous battre tellement pour conserver quelque chose que nous ne remarquons plus que nous sommes les seuls à le tenir.
Une relation.
Une amitié.
Une situation.
Un projet devenu complètement différent.
Il existe des choses pour lesquelles il faut se battre.
Mais il existe aussi des moments où la question mérite d’être posée :
« Est-ce que je construis encore quelque chose… ou est-ce que j’essaie simplement d’empêcher quelque chose de partir ? »
Ce n’est pas la même chose.
Lâcher prise crée de la place
Lorsque nos mains sont constamment occupées à retenir quelque chose qui nous échappe, elles ne sont plus disponibles pour accueillir autre chose.
Lâcher prise peut faire peur parce qu’il laisse momentanément un espace vide.
Mais cet espace peut devenir celui dans lequel autre chose pourra apparaître.
Une nouvelle relation.
Une nouvelle idée.
Une nouvelle paix.
Une nouvelle version de nous-mêmes.
Nous ne savons pas toujours immédiatement ce qui remplacera ce que nous avons perdu.
Et peut-être que nous n’avons pas besoin de le savoir tout de suite.
Parfois, la paix commence par une seule phrase
« J’ai fait ce que je pouvais avec ce que je savais à ce moment-là. »
Nous avons tous des regrets.
Des décisions que nous prendrions différemment aujourd’hui.
Mais nous ne pouvons pas vivre éternellement en punissant la personne que nous étions hier avec les connaissances que nous avons aujourd’hui.
Nous pouvons apprendre.
Réparer ce qui peut l’être.
Présenter des excuses lorsque c’est nécessaire.
Puis continuer.
Lâcher prise, c’est reprendre son énergie
Il y a peut-être quelque chose que vous essayez encore de comprendre.
Quelqu’un que vous essayez encore de retenir.
Une situation que vous rejouez constamment.
Posez-vous simplement cette question :
« Est-ce que ce que je fais aujourd’hui peut réellement changer cette situation ? »
Si la réponse est oui, agissez.
Si la réponse est non, peut-être que votre énergie mérite désormais d’aller ailleurs.
Vers vous.
Vers ce que vous pouvez construire.
Vers les personnes qui choisissent réellement d’être là.
Vers ce qui existe encore.
Parce que lâcher prise ne consiste pas toujours à perdre quelque chose.
Parfois, c’est arrêter de se perdre soi-même en essayant de le retenir.
Et vous, quelle est la chose que vous savez devoir laisser partir, mais à laquelle vous avez encore du mal à renoncer ? Parlons-en dans les commentaires.

